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22 mars 1940, Paul Reynaud devient président du Conseil !

Nous sommes le 22 mars 1940. Albert Lebrun vient de nommer Paul Reynaud président du Conseil et ministre des Affaires étrangères. L’homme a déjà un long passé politique lorsqu’il accède à la fonction en plein conflit avec l’Allemagne. Né à Barcelonnette, dans les Alpes-de-Haute-Provence, le 15 octobre 1878, Paul Reynaud appartient à une famille qui compte quelques élus locaux. Son grand-père fut maire de sa commune tandis qu’un oncle devint conseiller général, député et sénateur des Basses-Alpes. Après des études à Louis-le-Grand, Paul Reynaud obtient un doctorat en droit à la faculté de Paris (1904). Il entame bientôt une carrière d’avocat (1910) et épouse en 1912 Jeanne Robert, fille du bâtonnier Henri Robert. Tenté par la politique, il est élu, à son tour, en 1919, député des Basses-Alpes sous l’étiquette du Bloc national. Après avoir subi des revers aux élections de 1924 et 1926, il est élu, en 1928, député du 2ème arrondissement de Paris. Il le reste jusqu’en 1940. Issu de la droite modérée, Paul Reynaud se voit parallèlement confier des responsabilités gouvernementales. On le retrouve ministre des Finances (dans le cabinet Tardieu, de mars à décembre 1930), ministre des Colonies et de la Justice. Intéressé par les questions de défense, on le voit aussi prendre parti pour la stratégie des divisions blindées que défend le colonel de Gaulle. Cet homme de droite se retrouva souvent isolé au sein de son propre camp en raison de l’originalité de ses positions. Ainsi, il fut partisan d’une réaction forte devant la montée des dictatures en Europe. Il prôna aussi une alliance avec l’URSS. De retour aux Finances, en novembre 1938, il fit dévaluer le Franc et travailla à réduire les dépenses de l’Etat tout en augmentant les impôts dans le but de permettre au pays de faire face aux dépenses militaires croissantes.

Lorsqu’éclate la Seconde Guerre mondiale, Paul Reynaud, convaincu que la France serait victorieuse, se montra intransigeant et refusa d’envisager tout compromis avec l’ennemi. Le 22 mars 1940, il succède donc à Daladier en tant que président du Conseil. On le voit se rapprocher de Churchill avec lequel il prépare l’expédition de Norvège. Il s’agissait de priver l’Allemagne du fer suédois. En France, pour rassurer l’opinion publique française, il multiplie au printemps les déclarations optimistes. Toutefois, l’offensive allemande à l’Ouest, déclenchée le 10 mai, et la percée de Sedan, le 15 mai, l’amènent à remplacer le général Gamelin par Weygand. Ce fut encore lui qui appela à la vice-présidence du Conseil le maréchal Pétain. Dans ces heures tragiques, on le voit prendre en main personnellement la défense nationale. Pourtant, très vite, il se trouve en opposition avec le vieux maréchal, jadis vainqueur à Verdun, qui réclamait la conclusion d’un armistice. Partisan de la poursuite du conflit, Paul Reynaud se rapproche davantage encore de l’Angleterre et envisage une union organique avec l’Empire britannique. De plus en plus isolé politiquement, il démissionne finalement le 16 juin 1940. Arrêté sur ordre de Pétain en septembre 1940, condamné sans jugement, il est incarcéré au fort du Portalet (octobre 1941) puis déporté par les nazis à Oranienburg (novembre 1942). Libéré par les Alliés en mai 1945, Reynaud témoigne contre Pétain avant de renouer avec la politique comme député du Nord de 1946 à 1962. De retour au ministère des Finances (1948), il travaille à la réconciliation européenne. Pourtant favorable au retour de de Gaulle aux affaires, en 1958, on le voit néanmoins s’opposer à l’évolution des institutions et à l’élection du président au suffrage universel (1962). Ses dernières prises de position politique l’amènent à se rallier à François Mitterrand en 1965. Paul Reynaud décède à Paris le 21 septembre 1966 sans avoir le droit à des funérailles nationales. C.D.

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