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Entretien avec Laurent Albaret : Latecoère

Pour la première fois se trouve publiée, de manière exhaustive, la correspondance de Pierre-Georges Latécoère. De quoi se compose votre « matière » et quelle période couvre-t-elle ?

 

J’ai eu la chance d’avoir accès aux archives de la famille Latécoère et la confiance de Marie-Vincente Latécoère, belle-fille de Pierre-Georges Latécoère et actuelle présidente de la Fondation Latécoère, qui m’a ouvert le fonds. La « matière » est essentiellement composée des archives de l’entreprise, de la création des Lignes Aériennes Latécoère en 1919, à la construction des hydravions dans les années 1930-1940 par l’industriel toulousain, soit quelque trente années d’activités de l’avionneur. Pour cet ouvrage, je me suis essentiellement appuyé sur la correspondance de Pierre-Georges, de 1918 à 1928, année où il cède définitivement sa compagnie aérienne. Dans un premier temps, j’ai sélectionné quelque 2000 documents – correspondances et télégrammes essentiellement – et j’ai ensuite réduit à un peu plus de 600 documents essentiels, que j’ai considéré comme marquants et intéressants pour raconter l’histoire d’un homme et de son projet industriel visionnaire. Volontairement, j’ai occulté les courriers familiaux et intimes, marginaux pour l’histoire de l’aventure industrielle vécue par Pierre-Georges Latécoère.

 

Embrasser une carrière d’industriel semble pour Latécoère une voie toute tracée…

 

Il faut savoir que Pierre-Georges est issu d’une famille d’industriels. Il né le 25 août 1883 à Bagnères-de-Bigorre ; son père, Gabriel Latécoère, est le fondateur et directeur des ateliers de menuiserie et de mécanique générale Latécoère. Bon élève, Pierre-Georges a été envoyé à Paris au lycée Louis le Grand. En 1903, il entre à l’École Centrale des Arts et Manufactures. Trois ans plus tard, il en sort ingénieur et assiste sa mère dans la gestion de la société familiale, son père étant décédé en 1905. Après l’obtention d’une licence de droit à l’université de Toulouse et le partage de l’héritage entre sa mère et la fratrie (il a un frère et une sœur), Pierre-Georges Latécoère décide de se consacrer entièrement aux ateliers familiaux.

 

Cette vocation industrielle le rattrape pendant la Première Guerre mondiale…

Le temps faste pour la « Maison Georges Latécoère », qui construit du matériel roulant pour les tramways et des wagons, est assombri un temps par la situation internationale et l’entrée en guerre de la France. Tout homme valide est susceptible d’être mobilisé. Pierre-Georges Latécoère, versé dans l’artillerie, est finalement réformé après quatre mois pour cause d’une vue mauvaise. Les autorités militaires sont probablement conscientes que ce jeune entrepreneur sera plus utile pour la France derrière ses machines qu’avec un fusil. C’est donc en tant que « capitaine d’industrie » que Pierre-Georges sert la France, répondant aux commandes militaires de l’État. Comme de nombreuses entreprises françaises, la Maison Latécoère participe à l’effort de guerre, produisant tout d’abord des obus de gros calibre et des cuisines roulantes…Lire la suite

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