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Entretien avec Sabine de Freitas, restauratrice d’oeuvres d’art

Avec l’ambition de montrer que l’histoire se vit au présent, et qu’il existe mille façons d’exercer une profession en rapport avec sa passion, France Terres d’Histoire se propose de vous faire découvrir ces passionnés qui, au quotidien, exercent des métiers en rapport avec le patrimoine, le spectacle historique, l’écriture, l’enseignement ou la connaissance du passé… Nous inaugurons aujourd’hui une attachante galerie de portraits avec Sabine de Freitas, restauratrice de bois polychromes et peintures murales près de Tours. Le temps d’une interview, elle a bien voulu partager avec nous ses engagements, convictions et expériences. Au détour de ses réponses, on découvre que conserver et restaurer c’est préserver, soigner et… aimer !

 

Cette passion pour la restauration vous vient de loin ?

Sabine de Freitas : Je tiens d’abord à préciser que ma vie a été semée de belles rencontres qui m’ont permis de m’épanouir totalement dans ma passion pour Patrimoine et de sa sauvegarde. J’ai été très tôt « initiée » au patrimoine par mon père, qui était photographe amateur et me baladait à Paris dans les rues, les arrière-cours, les monuments, mais aussi les musées et expositions. Mon premier coup de cœur patrimonial s’est fait à la basilique Saint Denis, où il m’a emmenée visiter un chantier de fouilles archéologiques et voir l’intérieur de ce tombeau géant des rois France. Cette profusion d’architecture gothique flamboyante, de sculptures, de couleurs dues aux vitraux, m’a complètement bouleversée : j’avais 12 ans. J’ai décidé à cet instant de faire un métier en rapport avec le patrimoine : archéologue, peintre, sculpteur, je ne savais encore… Mes parents m’ont encouragée dans cette voie, me laissant « essayer » différentes techniques afin que je trouve ma vocation. Ma mère de son côté avait un salon de coiffure rue de Verneuil à Paris, et ses clients étaient principalement des antiquaires, galeristes, et certaines personnalités qui ont été très importantes pour moi. J’ai obtenu un baccalauréat Lettres et Arts et parallèlement j’ai pris des cours du soir de dessin, puis sculpture-modelage aux beaux-arts. J’ai à l’époque de nombreuses conversations avec l’une des clientes de ma mère, Madeleine Hours, alors directrice du C2RMF (centre de recherche et de restauration des musées de France), qui me conseille d’entrer à l’Ecole du Louvre, où je vais découvrir le métier de restaurateur d’œuvres d’art. J’y ferais le premier cycle, mais très vite l’aspect théorique ne me satisfait plus et le besoin de travailler sur le support me pousse vers des cours privés à l’atelier Guigue, qui restaure le bois polychrome, et qui travaille pour une antiquaire de la rue de Lille. Je prends aussi des cours de dessin spécifique au décor à l’IPEDEC (Institut Supérieur de Peinture Décorative à Pantin). J’y apprends la grammaire des styles ornementaux et découvre les peintures monumentales, qui font corps avec les monuments qu’elles ornent. Très vite, c’est une évidence, je veux devenir médecin, chirurgienne des œuvres d’art …

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