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Entretien avec Xavier Dectot, directeur et conservateur du Musée Louvre-Lens

Cette belle rencontre avec Xavier Dectot nous permet de découvrir le travail d’un directeur de musée et celui d’un conservateur. Avec lui, nous revenons sur son parcours personnel et sur les débuts du musée du Louvre-Lens. L’occasion d’évoquer un bilan à la fois positif et prometteur, qui augure bien de l’avenir de la structure muséale !

 

Quand vous est venue cette passion de l’histoire en général, de l’histoire de l’Art en particulier ?

Xavier Dectot :  J’ai commencé à véritablement m’intéresser à l’art quand j’avais une quinzaine d’années, plus du côté de l’esthétique que de l’histoire de l’art, car il n’y avait pas à proprement parlé d’histoire de l’art ou d’histoire des arts « de mon temps » dans l’enseignement secondaire, en revanche, l’esthétique était un aspect que l’on abordait autant en français qu’en philosophie, c’est donc à ce moment-là que j’ai eu mes premiers intérêts. Ensuite, après le baccalauréat, je suis allé en classe préparatoire littéraire, et là avec déjà un intérêt pour l’histoire de l’art, même si là aussi, il n’y avait pas d’option histoire de l’art en classe préparatoire, j’ai découvert par le lycée dans lequel j’étais scolarisé qu’il disposait aussi d’une classe préparatoire à l’école des chartes, et en découvrant l’existence de cette école, je me suis dit : c’est ça qui m’intéresse. Traduit aussi en terme d’élève en classe préparatoire, à ce concours, il y a toutes les matières où je suis bon et pas de matière où je suis moins bon, j’ai donc passé le concours de l’école des chartes, où là il y a une forte importance de l’histoire de l’art, et là en étant pris à l’école des chartes, je me suis inscrit en même temps à l’école du Louvre en plus, ce qui a renforcé la chose et donc à partir de ce moment-là , j’avais vraiment en tête de devenir conservateur de musées, enfin, à l’époque, j’hésitais entre les musées et les monuments historiques, et à l’école des chartes, s’est posée aussi la grande question, car être historien de l’art c’est bien, mais encore faut-il travailler sur un sujet et je me suis trouvée alors face à mes contradictions, car j’avais d’un côté envie de faire une thèse d’histoire de l’art, d’histoire du moyen-âge et de l’autre, de travailler sur l’art contemporain. Cela s’est joué sur une question de gout et de choix, j’aimais le latin, c’est toujours une langue que j’aime, et notamment le latin médiéval et du coup, pour des questions d’options, j’ai préféré m’orienter vers l’histoire de l’art médiéval, plutôt que de l’histoire de l’art contemporain, enfin, pour mon sujet de thèse, même si j’ai tout étudié pendant mes études. Et donc voilà comment j’en suis arrivé à faire de l’histoire de l’art.

C’est la rencontre avec un professeur particulier qui influe sur la délimitation d’un sujet de thèse ?

Xavier Dectot : Oui en effet. Ce qui a renforcé l’hésitation, c’est qu’il y avait notamment deux excellents professeurs d’histoire de l’art à l’école des chartes, d’une part, Jean-Michel Leniaud qui s’occupait de l’art du XIXe et du XXe siècle, qui est une personne au caractère parfois un peu difficile, mais qui est suprêmement intelligent et Alain Erlande-Brandenburg , qui est lui aussi extraordinairement intelligent, et qui s’occupait de l’art médiéval et il se trouve que j’étais allé voir à l’époque Alain Erlande-Brandenburg qui était alors directeur du musée de Cluny, pour parler de sujet de thèse, il m’avait alors parlé d’un sujet de thèse extrêmement intéressant, qui n’est pas exactement celui que j’ai fait, il y a la rencontre avec un professeur, mais aussi la rencontre avec un sujet. Il m’avait proposé plusieurs sujets, dont un sur la sculpture funéraire qui m’a tout de suite emballé, ne me demandez pas pourquoi, cela peut paraitre étonnant mais c’est comme ça, et donc je me suis lancé dans ce sujet, j’avais 20 ans alors. Rétrospectivement, on se dit que c’est très jeune pour faire un choix, mais je ne le regrette absolument pas.

Ce n’est pas du tout le sujet qu’il m’avait proposé, mais, ça, c’est une vision de thésard, il m’avait demandé de travailler sur les tombeaux des ducs de Bourgogne. Et il se trouve qu’à cette époque, il y avait une autre personne nettement plus âgée que moi qui avait travaillé sur les tombeaux en Bourgogne et je me suis aperçu, dans un article qu’il avait publié cinq ou six ans auparavant qu’il travaillait à un livre sur ducs de Bourgogne. Il écrivait cela il y a six ans, mais il a probablement laissé tomber, mais je vais l’appeler pour vérifier, je l’appelle et il me dit non, non pas du tout, je travaille dessus et ça va paraitre, incessamment. Alors, je me dis tant pis pour la Bourgogne, je vais trouver une autre région, le livre n’est d’ailleurs toujours pas paru. Mais bon, ça, c’est malheureusement classique ! J’ai cherché un peu, où il pouvait y avoir des choses intéressantes, aidé d’ailleurs pas Alain Erlande-Brandenburg et j’ai trouvé, un peu par hasard, Je suis tombé sur cette question des tombeaux champenois, et notamment les tombeaux des comtes de Champagne et cela m’a entrainé … Lire la suite

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