Guérande, petite cité de Loire-Atlantique, aujourd’hui peuplée d’environ 15 000 habitants, a du caractère. Protégée par d’épaisses murailles qui la ceinturent, elle est aux environs de l’an mil le point de rencontre des paludiers, des marins et des négociants qui, par leurs activités, assurent la fortune et la renommée de la place. Retour sur le glorieux passé médiéval de Guérande qui, très tôt, sût tirer profit du négoce du sel à l’instar de Bourgneuf, du Pouliguen, de Batz ou du Croisic…

Du Néolithique à la colonisation bretonne

Le pays guérandais s’inscrit dans un vaste espace délimité au nord par la Vilaine, à l’est par le Brivet, à l’ouest et au sud par l’océan Atlantique, au sud-est par l’estuaire de la Loire. Au sud-ouest s’étalent les marais salants. Au nord et à l’est, le plateau guérandais descend doucement vers la Brière. Les nombreux mégalithes et vestiges retrouvés sur place attestent d’un peuplement ancien et régulier de la presqu’île guérandaise à partir du Néolithique. Dès l’âge du Fer, on y récoltait du sel. Ici ou là, dans les dunes du littoral ou les zones protégées des marais, un artisanat se développe qui permettait d’obtenir du sel par évaporation forcée dans des fours ; une technique qui perdure ici bien au-delà de la conquête romaine (Ier siècle av. J.-C.). De par sa position géographique, la presqu’île guérandaise se trouve être un carrefour important soumis à la fois à l’influence des Vénètes et à celle des Namnètes. La proximité de la mer et d’importantes voies navigables (la Vilaine et la Loire) favorisent les échanges. Evangélisée aux Ve et VIe siècles, la région est colonisée par les Bretons de Waroc’h, roi de Broërec (Vannetais), qui s’y installent (vers 577-vers 595). Etant donné l’importance économique de la région, la densité de peuplement devait être conséquente ce qui obligea les nouveaux-venus à cohabiter avec une importante population gallo-romaine. Guérande entame alors son développement autour de son église. Une hypothèse voudrait que son nom, Wenrann, en breton, désigne une parcelle « pure » donc consacrée, mais les débats entre linguistes sont loin d’être clos ! Pour d’autres, ce serait le « pays blanc » ou la « parcelle blanche », allusion possible aux activités saunières de la région.

Les premiers marais salants

L’apparition des premiers marais salants au début du Moyen Âge marque un tournant décisif. Jusqu’au Ve siècle, on produisit du sel ignigène (du latin ignis, qui signifie le feu). On disposait des poteries remplies d’eau salée sur des fourneaux en terre cuite jusqu’à évaporation. Une grande variété de fours et de récipients fut utilisée. L’opération se faisait en deux temps. D’abord, la cuisson permettait d’obtenir une sorte de bouillie salée. Ensuite, le séchage supposait de verser cette mixture encore humide[…]

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