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Isabelle de Giverny : Mon hommage à Gonzague Saint Bris

Gonzague SAINT BRIS – disparition d’un Romantique contemporain

Peu d’entre nous laissent une trace de leur passage sur la Terre…  De même, peu d’hommes ou de femmes ont la conscience de la mission et des devoirs qui leur sont impartis.

Gonzague SAINT BRIS appartenait à ces deux catégories, tant l’œuvre de l’écrivain aux 50 biographies, essais, carnets de voyage et romans ainsi que les entreprises publiques qu’il a édifiées, relèveront longtemps encore, de son initiative. Sa 22ème Forêt des livres, à Chanceaux près Loches (Indre & Loire – 37), devenue le « Woodstock de la littérature », fidélisant 200 auteurs et 70.000 visiteurs, se tiendra malgré tout, ce 27 août.

Puis, fondateur des Journées Littéraires romantiques de Cabourg, il a initié le premier Festival du Film romantique dont la 31ème édition se déroulait, le 16 juin dernier.

Tel que le rappelle son frère François Saint Bris, qui lui rendit un vibrant hommage lors des obsèques, lundi 8 août, en la Collégiale Saint Denis d’Amboise, très tôt dans l’enfance, Gonzague éprouva un besoin d’apprendre et de transmettre par l’écriture. Autour d’un «journal de famille», son premier public fut composé de ses parents et de ses 7 frères et sœurs.

Par la suite, le père de Gonzague le convoqua le jour de ses 13 ans pour lui dire «tu as l’âge de la robe prétexte chez les Romains, de la majorité chez les rois de France, je t’autorise à aller dormir dans le lit de Léonard, ça te donnera des idées». Un beau cadeau d’anniversaire en écho au maître florentin qui à cet âge, commençait à peindre…

Depuis deux siècles dans la famille Saint Bris, le château du Clos Lucé fut la demeure de Léonard de Vinci, les trois dernières années de sa vie, à l’invitation du jeune roi François 1er, qui avait organisé son retour d’Italie.

Et pour cause, toute sa vie durant, Gonzague Saint Bris s’est passionné pour l’œuvre magistrale du maître de Florence, admirant « sa capacité multidisciplinaire et son sens prodigieux de la prémonition ». Il déclinera sous diverses formes – ouvrages, expositions, conférences jusqu’à des « programmes courts » filmés par un drone et diffusés en DVD – la promotion des inventions d’avant-garde de Léonard de Vinci.

En novembre 2014, en prévision de l’exposition universelle à Milan, Gonzague Saint Bris entreprit de refaire à dos de mulet, l’itinéraire du génie de La Renaissance à travers les Alpes, une expédition de trois mois au printemps 1516, au cours duquel le peintre apportait ses 3 chefs d’œuvre, dont La Joconde.

En disciple de son maître florentin, on relèvera quelques coïncidences singulières ; comme Léonard de Vinci, Gonzague Saint Bris écrivait de la main gauche et fut autodidacte.

Dans l’histoire de sa Touraine natale, Gonzague a puisé les sources de son inspiration dans les parcours de Rois de France ou d’écrivains illustres, tels François 1er, Honoré de Balzac, Alfred de Vigny, George Sand et son amoureux éconduit, Alfred de Musset.

Toutefois, c’est le Marquis de La Fayette, héros de la guerre d’indépendance américaine qui apportera à Gonzague Saint Bris une reconnaissance et un succès international jusqu’aux États-Unis, avec plus de 145.000 ouvrages vendus, aux éditions Télémaque. Il sera même contacté par Michaël Jackson qui le sollicitera pour l’accompagner en 1992 dans son voyage initiatique en Afrique ; Gonzague consignera dans un ouvrage, publié en 2010, ces souvenirs privilégiés.

Au cours de cette décennie, l’écrivain briguait légitimement un fauteuil à l’Académie française qui ne l’a pourtant jamais élu ; à nouveau, il n’a pas été retenu aux élections de 2016 et cette froideur de ses pairs le blessa profondément.

Cependant, les hommages que la presse lui a rendus depuis son décès dans un accident de voiture tragique, mardi 8 août, ainsi que celui du Président de la République, saluant un homme qui «était à la fois un passionné et un passeur» et qui «n’a eu de cesse de mettre en lumière la singularité et le génie de notre pays» attestent de la place irremplaçable que l’écrivain tient dans la littérature française.

Ses amis du Tout-Paris des arts et des lettres qui se sont déplacés à Amboise pour la cérémonie religieuse, révèlent que dans nos mémoires, il restera «immortel».

Doué d’une élégance naturelle, Gonzague Saint Bris entretenait le charme de ses héros et cela lui donnait fière allure. Homme érudit et pétri de culture, précisément celle de la Renaissance et des Romantiques, il a composé sa vie comme un tableau florentin, avec beaucoup d’ardeur.

Isabelle de Giverny

Son dernier livre «Déshabillons l’Histoire de France » – XO éditions – est en tête des ventes dans la catégorie Histoire depuis le mois de mai ; le prochain «Aristocrates rebelles» – éditions Les Arènes – est attendu en librairie, le 30 août.

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