La cathédrale Saint-Corentin ne se classe pas facilement, pas plus que son histoire ne se résume aisément. Peut-être faut-il y voir là les raisons pour lesquelles on l’oublie souvent, et injustement, des grandes synthèses sur l’art gothique. Commencée au XIIIe siècle, elle ne reçoit ses flèches qu’au XIXe ! C’est dire si les partis pris architecturaux ont pu évoluer au fil du temps. Et pourtant, c’est étrangement une impression d’unité que ressent le visiteur au terme de sa découverte. La cathédrale de Quimper est celle des paradoxes : ainsi, au Moyen Âge, elle est l’une des plus vastes de Bretagne et pourtant ses dimensions restent à taille humaine, quant à sa diversité, elle n’empêche pas le fidèle de percevoir un espace intérieur jugé homogène… Reste enfin l’émotion que procure l’édifice et qui fait que, depuis des siècles, poètes et artistes l’évoquent avec constance, de Brizeux à Max Jacob…

Des temps anciens, on ne sait pas grand-chose. Les fouilles menées dans les années 1980 permettent tout au plus de conclure à une faible occupation des lieux dans l’Antiquité. Dans les années 1990, on dégage, entre autres, un fragment de mur circulaire. Est-ce l’abside d’un édifice plus ancien ou bien s’agit-il des fondations d’un ancien baptistère ? Impossible de trancher, toutefois, les bâtisseurs du XIIIe siècle eurent à cœur de réutiliser comme soubassement d’anciens éléments architecturaux soigneusement arasés, preuve cette fois qu’un ensemble de constructions existait bien jadis sur le site. Ce que corroborent des sources narratives: un acte du Cartulaire de Redon mentionne des travaux qu’on y réalise (1128). Il y aurait eu, à côté d’un bâtiment « neuf », une chapelle de la Vierge (elle sera détruite au XIIIe siècle lors de la construction d’une chapelle absidiale) et un baptistère appelé à disparaître lors des travaux de la nef (des défunts y sont inhumés jusqu’au XVe siècle)…

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