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Le manoir de Kerjean, cinq siècles d’histoire…

Racheté par l’Etat en 1911, le château s’ouvre progressivement au public sous l’égide d’associations chargées de le mettre en valeur. Après avoir accueilli un grand nombre de manifestations folkloriques et de visiteurs, tous enchantés par la beauté des lieux et de l’habitat pittoresque, Kerjean connaît une nouvelle phase de développement au tournant des années 1990 lorsque l’Etat confie la gestion des lieux au conseil général du Finistère. Chaque année, le château abrite désormais en ses murs une exposition patrimoniale. Cet été, ce sont les brigands qui investissent l’édifice chargé d’histoire. L’occasion d’un coup de projecteur sur ce manoir plein de souvenirs.

L’histoire des lieux

L’actuel château, érigé vers 1570, s’élève en partie sur les vestiges d’une précédente résidence que les Ollivier, seigneurs de Kerjean, auraient fait construire vers 1420-1430. Récemment anoblis, on pense qu’ils ont pu vouloir ainsi traduire dans la pierre leur nouveau statut social. Par ailleurs, le Léon connaît à l’époque une grande activité architecturale et de nombreux manoirs sortent de terre. Au début du XVIe siècle, les Barbier rachètent Kerjean et obtiennent en 1536 l’autorisation de faire reconstruire le manoir au prétexte que celui-ci tombe en ruine. Durant toutes ces années, Yves Barbier, puis son fils Jean, travaillent à renforcer l’assise territoriale de la famille. Une judicieuse politique d’alliances matrimoniales, Jean épousera successivement Jeanne de Parcevaux puis Jeanne de Kersauson, et une certaine habileté dans les affaires, les Barbier prêtent de l’argent et se font parfois rembourser en échange de terres, accroissent la fortune et la notoriété des Barbier qui trouvent désormais des soutiens auprès de l’Eglise et de la noblesse de robe.
Signe de son ascension sociale, Jean est nommé procureur fiscal de Léon et devient l’homme de confiance du vicomte de Rohan. Il est probable qu’alors son manoir de Kerjean doit lui sembler bien terne et sans rapport avec sa fortune nouvelle. S’adressant au roi, Jean Barbier obtient de François Ier de nouveaux privilèges. Il peut à présent faire condamner à mort sur ses terres et relever son manoir. A sa mort, le 5 novembre 1537, l’ensemble est constitué de plusieurs bâtiments comprenant une salle haute, une salle basse, plusieurs chambres, une cuisine, un cellier, un fournil et des communs qui abritent matériel agricole et étables. Le logis est en outre flanqué d’une tourelle. La façade principale est tournée vers l’est et donne accès au chemin qui mène directement au chef-lieu de paroisse. A peine son mari disparu, sa veuve, Jeanne de Kersauson, doit affronter un procès au cours duquel est contesté l’ancienne noblesse des Barbier. En 1541, le parlement de Rennes tranche en sa faveur. Pourtant, en dépit de l’épreuve judiciaire et de la jeunesse de Louis, qui n’a que…

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