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Le sacre des rois Bourbons.

Le contexte historique. Le roi sacré.

 

Durant plus d’un millénaire, le roi de France a tiré sa légitimité, et son autorité, du principe héréditaire et du mandat de droit divin qu’il aurait reçu. Habitués que nous sommes à voir les pouvoirs de nos gouvernants limités par une constitution écrite, et à voir la religion reléguée dans la sphère privée (loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat, décembre 1905), cette manière de penser le pouvoir et de s’y soumettre nous semble étrangère à la nôtre. Pour bien comprendre les fondements du pouvoir royal, et, partant de là, toute l’importance du sacre, Il n’est pas inutile de rappeler que nos ancêtres obéissaient au roi parce que celui-ci, en raison du pouvoir divin qu’il incarnait dans son royaume, n’était pas suspecté d’agir contre l’intérêt de ses sujets, mais, bien au contraire, pour le plus grand profit de tous. En relation avec le divin, le roi devait se conformer aux obligations nées du sacre. On notera d’ailleurs aussi, au passage, que ce pouvoir qui était le sien, et que nous aimons à dire « absolu », se devait de respecter la religion, une morale chrétienne, les us et coutumes des provinces et les lois fondamentales du royaume (notamment en matière de transmission du pouvoir royal, etc…).

 

Le sacre relève de la mystique. Il confère à celui qui le reçoit une force dont les racines sont spirituelles. Déjà, dans l’Antiquité, en Egypte ou en Israël, l’élément religieux servait de fondement au pouvoir des monarques. Une première étape est franchie avec la conversion de Clovis au christianisme. Le roi des Francs est baptisé à Reims, vers 498-499. Plus tard, en 751, lorsque Pépin le Bref reçoit, juste après son élection comme roi des Francs, une onction d’huile sainte des mains de Boniface, archevêque de Mayence, il devient l’élu de Dieu. Ce premier rite connu en Gaule vient renforcer la jeune dynastie carolingienne qui, désormais, écarte les Mérovingiens du pouvoir royal. Désormais, Pépin s’inscrit dans la continuité des rois hébreux de l’Ancien-Testament (Saül, David et Salomon). Disposant d’un pouvoir divin, Pépin n’est plus un homme comme les autres ! D’un point de vue politique, le Carolingien n’a, théoriquement, plus rien à redouter de ceux qui pourraient prétendre, eux aussi, à régner. Les Mérovingiens, et leurs partisans, ne sauraient réagir car ce serait contrecarrer la volonté de Dieu. Seul le roi sacré est à même de prendre en mains la destinée des Francs. Il est à noter, au passage, que le sacre ne fait pas pour autant disparaître d’autres fondements du pouvoir royal telle l’élection ou l’hérédité.

 

Le sacre de Charles X.

A l’époque des Bourbons, qui montèrent sur le trône avec Henri IV (1610), le sacre était une « mécanique » bien huilée, sans jeu de mots, dont les témoins décrivent parfaitement le déroulement. Celui de Charles X, célébré le 29 mai 1825, reste connu pour son faste et sa volonté affichée de renouer avec de vieilles traditions. Ce fut aussi le dernier à être organisé à Reims. Le vieux roi, Louis XVIII, mourut le 16 septembre 1824 de la gangrène, ce qui fit dire à l’écrivain allemand Heinrich Heine, non sans méchanceté que « le roi a pourri sur son trône » ! Le 29 du mois, Charles X, fit son entrée à Paris. Cent un coups de canon saluèrent l’événement. Le règne qui s’ouvrait promettait d’être heureux. La situation économique était bonne, l’armée s’était ralliée au régime et le roi semblait populaire auprès de son peuple. Les choses allaient vite se gâter…

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