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L’édito d’HISTOIRE MAGAZINE n°2

Napoléon fascine, intrigue, passionne, pas seulement, en France, en Europe, mais dans le monde entier. Ne dit-on pas qu’il s’est écrit plus de livres sur le grand homme qu’il y a eu de jours à s’écouler depuis sa mort à Sainte-Hélène ! Obsédé par sa propre postérité, il va construire sa légende, de son vivant, dès les premiers faits d’armes, héros à la destinée incroyable, d’une histoire qui le place à jamais sur un piédestal, auréolé d’une gloire éternelle. Cette légende laisse apparaître un homme qui, à lui seul, aura influer sur son époque comme nul autre. Les historiens du XIXe siècle, à l’instar de Frédéric Masson, auront relégué dans la part obscure de l’histoire, la famille, les frères,  sœurs, père et mère,  comme pour mieux mettre en lumière le personnage légendaire. Mais nos « hôtes de marque » réunis pour la réalisation de ce numéro spécial savent mieux que quiconque que cette flamboyante réussite repose sur un « système multicéphale », pour reprendre l’expression de Vincent Haegele. Ces dernières années, Thierry Lentz, Pierre Branda, Jacques-Olivier Boudon, Vincent Haegele, Charles-Éloi Vial et quelques autres ont œuvré à sortir de l’ombre ceux qui prirent une part déterminante dans ce processus de conquêtes et de constructions civiles et militaires : le clan des Bonaparte.  Charles Bonaparte joue un rôle crucial dans le devenir de sa progéniture, Letizia, semblant effacée est active en sous-main. Joseph, Louis, et Jérôme, Elisa, Pauline, seront des pièces essentielles. Napoléon, chef d’orchestre d’un système familial, où aujourd’hui chacun reprend la place qui lui est due dans cette fabuleuse épopée. C.E. Vial évoque Marie-Louise et son mariage avec Napoléon en 1810, symbole d’une paix fragile entre la France et l’Autriche, jusqu’à la chute de l’Empire, puis, le quotidien de l’empereur déchu sur cette île de Sainte-Hélène jusqu’à sa mort le 5 mai 1821. Napoléon aura consacré ses dernières forces à la rédaction de son testament, dont on retient les grandes déclarations pour la postérité qui marquèrent les esprits, mais dont l’exécution ne s’annonçait pas facile, Chantal Prévot nous en dit plus.  Été 1815. À peine Napoléon a-t-il quitté la terre de France que déjà des rumeurs d’un retour se répandent à travers le pays. Certains prétendent même l’avoir vu. Il s’agit en fait de « faux Napoléon ». Mais comment des imposteurs peuvent-ils se faire passer pour Napoléon ? Pire, comment la monarchie restaurée peut-elle accepter de laisser ces « Napoléon » dans la nature après l’épisode du retour de l’île d’Elbe ?  Autant de questions et plus encore auxquelles Nathalie Pigault apporte des réponses. Le maréchal Grouchy aura dû batailler une bonne partie de sa vie pour rétablir la vérité sur sa responsabilité dans la défaite de Waterloo. Pascal Cyr et Christian Legros font le point. Il est question de la légende napoléonienne avec Emile Kern, et Dimitri Casali fait l’inventaire de tout ce que la capitale doit aux deux Napoléon. Eric Teyssier ressuscite l’Empereur dans un réjouissant roman, concrétisant ainsi son rêve de reconstituteur, tandis qu’Elodie Lefort nous ouvre les portes des collections de la Fondation Napoléon, qui parcourent le monde au gré des expositions et de l’engouement de la planète pour Napoléon.

Un an après avoir été chargé d’une mission pour le patrimoine par le président de la République, Stéphane Bern dresse le bilan de son action et de la situation.  Le sujet du patrimoine est, selon lui, un véritable enjeu de société qui nous parle de nos racines, de notre identité, de la convivialité et de la vitalité économique de nos villages. Le Loto du Patrimoine, dont le succès dépend de la mobilisation des Français, a été lancé et des solutions novatrices proposées, il appartient à l’État désormais de prendre sa part du travail.

Jean-Christian Petitfils, l’historien qu’on ne présente plus, a publié cette année une « Histoire de la France » chez Fayard, un livre-événement de 1152 pages, fruit de trois ans de travail, sous-titré Le vrai roman national. « Non, l’histoire de notre pays ne se résume pas à un froid catalogue de dates et de statistiques… L’épaisseur historique ne saurait être atteinte sans une certaine dose d’épopée et d’émotion. » Dans une interview accordée à HISTOIRE MAGAZINE, il nous parle de sa conception du roman national, de la nécessité de transmettre de génération en génération l’amour vrai, profond, sincère de notre pays, la France, par l’étude de son histoire, dénonce sa déconstruction permanente et l’instrumentalisation de celle-ci, y compris dans les programmes scolaires et définit les « piliers fondateurs » de ce qui fait l’identité de la France, son ADN.

Je remercie la Fondation Napoléon pour sa précieuse collaboration à ce numéro, et tout particulièrement Thierry Lentz et Pierre Branda, Chantal Prévot et Elodie Lefort. Bonne lecture !

Sylvie Dutot, rédactrice en chef d’HISTOIRE MAGAZINE

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