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Les énigmes de l’histoire de France. Entretien avec Jean-Christian Petitfils.

Biographie : Docteur en science politique, diplômé d’histoire, d’économie et de droit, Jean-Christian Petitfils , spécialiste de la France classique, est l’auteur d’une trentaine d’ouvrages, dont plusieurs biographies qui ont connu un grand succès : Louis XIII (grand prix du livre d’Histoire), Louis XIV (grand prix de la biographie de l’Académie française), fruit de vingt-cinq années de travail , Louis XVI (grand prix de l’Académie des sciences morales et politiques). Il est notamment l’auteur de L’Assassinat d’Henri IV, mystère d’un crime et L’Affaire des poisons, crimes et sorcelleries au temps du Roi-Soleil (Perrin, 2009). Il vient de publier chez Fayard Histoire de la France, le vrai roman national.

Jean-Christian Petitfils a réuni dans cet ouvrage une vingtaine d’auteurs, d’historiens, de spécialistes, pour nous conter, avec le talent qu’on leur connaît, les plus célèbres énigmes de notre histoire de France. Claude Quetel, Eric Anceau, Olivier Wieviorka, Thierry Lentz, pour ne citer qu’eux reviennent sur des affaires qui ont défrayé la chronique et conservé leur part de mystère pour la plupart. Mais certaines de ces énigmes, à la lumière des travaux les plus récents de nos historiens, ont peut-être été résolues. Jean-Christian Petitfils, auteur de deux contributions dans ce recueil, nous en dit plus…

Propos recueillis par Sylvie Dutot

F.T.H. : Il y a une fascination du public pour les énigmes de l’Histoire. Vous relevez qu’en France, singulièrement, on aime à cultiver les secrets, au cœur même de l’appareil d’État (hier comme aujourd’hui) … 

J.-C. Petitfils : C’est en effet une tradition française, liée sans doute à la place occupée par l’Etat dans l’histoire de notre unité nationale. L’Ancien Régime était tout entier organisé autour du mystère du pouvoir, de sa nature, de son origine divine, de son action. C’était vrai non seulement pour les grandes décisions gouvernementales et le budget de l’Etat, mais aussi pour la vie privée du monarque. Les fameuses lettres de cachet permettaient de régler des affaires politiques délicates dans la plus grande discrétion, en dehors des décisions de justice. « Le secret et le mystère sont un de vos premiers devoirs, je vous prie de vous en ressouvenir », écrivait le 10 février 1710 Jérôme de Pontchartrain, secrétaire d’Etat à la Maison du roi, à M. de Bernaville, gouverneur de la Bastille. Même si elle n’est pas aussi généralisée, cette attitude reste encore vraie de nos jours dans nos régimes démocratiques où, en dépit d’un désir parfois maladif de transparence, les traditions de dissimulation perdurent. La notion du « Secret Défense », parfaitement légitime en soi, n’a-t-elle pas couvert ces dernières années bien des turpitudes des pouvoirs publics ?

F.T.H. : Vous avez réuni autour de vous une vingtaine de spécialistes, historiens, universitaires, pour évoquer, dans cet ouvrage, « Les énigmes de l’histoire de France ». Certaines de ces énigmes ont-elles été résolues ? 

J.-C. Petitfils : Très clairement oui. « L’ affaire Louis XVII », par exemple, traitée dans ce livre par le grand spécialiste de la question, Philippe Delorme, n’offre plus aucun mystère depuis les analyses ADN effectuées en 1996-1998 sur les restes d’un fragment d’humérus du principal « faux dauphin », l’allemand Carl Wilhelm Naundorff et en 2000 sur le cœur de l’enfant mort à la prison du Temple le 8 juin 1795, viscère prélevé en cachette par le docteur Pelletan lors de l’autopsie le lendemain de la mort de l’enfant. Il n’y a désormais aucun doute, le fils de Marie-Antoinette n’est jamais sorti de sa terrible prison. Si j’ai tenu néanmoins à la faire traiter dans ce livre c’est parce qu’elle a enflammé les imaginations tout au long des XIXe et XXe siècles. Des milliers de livres ont été écrits sur cette énigme. Beaucoup ne pouvaient imaginer la disparition du petit dauphin, devenu roi par la mort de son père. D’où la réactivation du vieux mythe du « roi caché », du « roi perdu », appelé à revenir sauver la France.

F.T.H. : Parmi les vingt mystères évoqués, il est question d’événements inattendus, comme la défaite improbable de Vercingétorix lors de la bataille d’Alésia, ou encore la tuerie de la Saint-Barthélemy ?

J.-C. Petitfils : Spécialiste de la civilisation gauloise, Jean-Louis Bruneaux, archéologue et directeur de recherche au CNRS, s’est attaché, en effet, à comprendre les raisons pour lesquelles les Gaulois, à la tête de l’armée la plus considérable jamais réunie (plus de 300 000 hommes), ont pu céder devant les 60 000 légionnaires de César ? L’auteur de la Guerre des Gaules ne dit pas tout… Quant à la localisation du site d’Alésia, … Lire la suite

 

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