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Les vitraux médiévaux de la cathédrale de Quimper. Par Yves Coativy

Yves Coativy. Professeur d’histoire médiévale à l’université de Brest, membre du Centre de recherche bretonne et celtique, Yves Coativy est président de la Société archéologique du Finistère et de la Société d’études de Brest et du Léon. Ses travaux sur la monnaie et sur la Bretagne médiévale font autorité.

Quimper, cité épiscopale de Cornouaille, est située sur les bords de l’Odet dans l’extrémité sud-ouest de la Bretagne. D’après la légende, l’évêché est fondé par saint Corentin au VIe siècle mais il apparaît réellement dans sa forme définitive vers le milieu du Moyen Âge, comme ceux de Saint-Pol-de-Léon ou de Tréguier. Quant à la cathédrale Saint-Corentin, elle est reconstruite à partir du XIIIe siècle et bénéficie d’un programme de vitraux particulièrement intéressant dans la première moitié du XVe siècle. Comme beaucoup d’églises bretonnes, elle est en partie saccagée pendant la Révolution et les verrières sont partiellement refaites au XIXe siècle. Les vitraux ont fait l’objet de plusieurs travaux de synthèse, le dernier en date étant l’ouvrage publié par la Société archéologique du Finistère en collaboration avec les Presses universitaire de Rennes. Après avoir montré l’aspect polysémique des vitraux, nous nous arrêterons sur quelques baies particulièrement significatives pour comprendre l’histoire de la cathédrale et plus largement de la Bretagne.

Pourquoi des vitraux ?

Dans un édifice religieux, les vitraux ont plusieurs fonctions. Il s’agit tout d’abord d’éclairer le bâtiment. Rappelons que le passage de l’art roman à l’art gothique a amené une multiplication et un agrandissement des ouvertures, permettant de laisser entrer plus de lumière et de rendre l’intérieur du bâtiment plus clair. Cette lumière est en rapport avec la symbolique religieuse de la présence divine, habituellement placée « au ciel », qui éclaire l’humanité comme le rappelle le premier chapitre de l’Évangile de Jean, chapitre 8-10 : « Il n’était pas la lumière, mais il parut pour rendre témoignage à la lumière. Cette lumière était la véritable lumière, qui, en venant dans le monde, éclaire tout homme. Elle était dans le monde, et le monde a été fait par elle, et le monde ne l’a point connue ». Mais si la lumière peut entrer à travers des vitres blanches comme colorées, ces dernières ont été privilégiées car elles apportent une ambiance propice à l’étonnement, à l’émotion, au recueillement et à la prière. Il faut bien mesurer la différence qu’il pouvait y avoir à la fin du Moyen Âge entre les maisons de bois et de torchis, basses de plafond, peu ouvertes sur l’extérieur,parce que l’on faisait tout pour garder la chaleur, et l’intérieur d’une cathédrale en pierre, avec une nef élevée et des vitraux aussi lumineux que colorés. Il faut penser que les prédicateurs ne se privaient pas de faire le lien avec la maison du Seigneur, la Jérusalem céleste et le Paradis…Venaient s’y ajouter les statues, les fresques, la musique et les chants, l’odeur de l’encens, le luxe des vêtements et des objets liturgiques. Le décalage entre la vie quotidienne et les messes des grandes fêtes devait être particulièrement grand. La cathédrale est aussi l’écrin qui abrite un prince de l’Église et elle doit montrer à tous sa puissance spirituelle et temporelle. Les vitraux participent à cette magnificence en même temps que la hauteur des voûtes, la qualité du décor, le nombre de statues.

Les vitraux servent également à l’édification de … Lire la suite

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