Classé « Monument Historique » en 2000 et labellisé « Patrimoine du XXe siècle » en 2004, le Radôme de Pleumeur-Bodou, fut, au début des années soixante, le théâtre d’une première mondiale. C’est pourtant dans une relative discrétion qu’à l’époque furent captées, et regardées, les premières images télévisées diffusées en direct entre les Etats-Unis et l’Europe, un exploit qui marqua les débuts de la mondovision. Aujourd’hui, la petite localité bretonne des Côtes d’Armor, autrefois Côtes-du-Nord, abrite le plus grand centre européen dédié à l’histoire des télécommunications.

La Cité des télécommunications installée à Pleumeur-Bodou, près de Lannion, dans les Côtes d’Armor, accueille chaque année plus de 70 000 visiteurs, curieux de se replonger dans l’histoire des télécommunications, de la conquête spatiale et de la Guerre froide. On y présente, sur 3 000 m² d’expositions, les hommes et les inventions qui marquèrent deux siècles de progrès technologiques. Des pères fondateurs (Chappe, Morse, Marconi, Bell, frères Lumières) au haut-débit et à la fibre optique d’aujourd’hui, rien ne manque dans le parcours muséal pour satisfaire la soif de connaissances des adultes et stimuler l’intérêt des plus jeunes. Quant à la silhouette imposante du Radôme, elle est là pour rappeler qu’en juillet 1962 un exploit technique permit d’ouvrir l’ère des télécommunications planétaires instantanées.
Les retransmissions d’émissions télévisées par satellite sont devenues à ce point banales que nul ne songerait plus aujourd’hui à le mentionner au bas de nos petits écrans. Alors qu’aujourd’hui une multitude de satellites de télécommunications dansent un incessant ballet au-dessus de nos têtes, on oublie, surtout les plus jeunes, qu’il n’en a pas toujours été ainsi ! Durant la Seconde Guerre mondiale, Arthur C. Clarke, auteur de romans de science fiction, évoquait de manière quasi-prophétique un projet de satellite géostationnaire, sous forme de mémorandum présenté devant une société britannique (Council of the British Interplanetary Society, mai 1945). Il y expliquait qu’un satellite décrivant une orbite autour de la Terre en 24 heures occuperait une position fixe par rapport à un point situé sur l’Equateur et comment un réseau de trois satellites judicieusement placés, à une altitude de 35 880 kilomètres, permettrait une couverture complète du globe ! Lorsqu’il revint devant la même société, une vingtaine d’années plus tard, son projet était devenu une réalité… L’orbite parfaite fut ainsi qualifiée d’orbite géosynchrone, géostationnaire ou… orbite de Clarke !!! Dans les faits, de multiples petites corrections de trajectoire sont néanmoins nécessaires pour maintenir le satellite à l’endroit voulu.
Dans l’immédiat, en 1945, son idée ne put être concrétisée faute de pouvoir disposer d’un lanceur capable de mettre un satellite en orbite ! La situation changea lorsqu’en pleine guerre froide les Soviétiques lancèrent Spoutnik 1, premier satellite artificiel. Les bip-bip émis par sa balise radio impressionnèrent fortement des occidentaux bien décidés à…

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